Barry Hughson

Directeur général

Barry Hughson. Photo par Aleksandar Antonijevic.

Barry Hughson. Photo par Karolina Kuras.

  • Biographie

    Barry Hughson est au service de l’industrie des arts de la scène depuis 25 ans, occupant des postes de direction. En 2014, il s’est joint au Ballet national du Canada à titre de directeur général. Depuis ce temps, la compagnie a poursuivi sa trajectoire de croissance artistique, de responsabilité fiscale, d’engagement communautaire et de présence internationale, y compris des tournées emblématiques à Lincoln Center de New York et au Théâtre des Champs Élysées à Paris. 

    M. Hughson était auparavant directeur général du Boston Ballet. Sous la direction de M. Hughson, le Boston Ballet a franchi plusieurs étapes importantes, incluant le remboursement de sa dette à long terme, l’achèvement de rénovations du siège social de la compagnie, l’organisation de tournées au Canada, en Espagne, en Finlande et au Royaume-Uni et des augmentations importantes des revenus et des contributions annuelles. En tant que promoteur des arts, conseiller et éducateur, M. Hughson a été invité à enseigner et à prononcer des discours aux États-Unis, en Europe et en Amérique du Sud. Il siège à divers conseils de l’industrie, y compris Dance/USA, l'organisation la plus importante de service pour la danse professionnelle en Amérique du Nord. Le 20 janvier 2015, en partenariat avec Dance/USA, M. Hughson a été à l’origine de la première rencontre de dirigeants nord-américains et européens de l’industrie de la danse, rassemblant 22 administrateurs de neuf pays. Au Canada, M. Hughson est vice-président du Conseil national de l’Assemblée canadienne de la danse et il a siégé au comité directeur du Sommet canadien des arts de 2014 à 2017.

    M. Hughson a commencé sa carrière en tant que danseur avec le Washington (DC) Ballet, avec lequel il a interprété un répertoire classique et contemporain au centre Kennedy et en tournée à l’échelle mondiale.

  • Q et R

    Barry Hughson se joint au Ballet national du Canada en 2014 à titre de directeur général, sans doute un des postes d’administration des arts les plus prestigieux du pays. Un ancien danseur, M Hughson arrive au Ballet national après une brillante carrière comme directeur général auprès du Boston Ballet et de l’Atlanta Ballet. 

    Pourquoi le Ballet national?

    En réalité, je ne pensais pas quitter Boston, mais lorsqu’un recruteur m’en a parlé, j’ai pensé : pourquoi ne pas aller voir? Lorsque je suis arrivé, j’ai ressenti une connexion immédiate avec Karen Kain, la directrice artistique. J’étais aussi impressionné par la passion des membres du conseil et par la ville de Toronto. L’aspect le plus important, par contre, était le désir de travailler avec Karen. 

    Quelles étaient vos premières impressions du Ballet national?

    Je voyais une institution saine et stable. Vous devez comprendre que les compagnies de Boston et d’Atlanta éprouvaient de graves problèmes financiers lorsque j’en ai pris la direction. Ma tâche était de redresser le navire. Au Ballet national, je croyais pouvoir investir dans la forme artistique; que je pouvais avancer. C’était une perspective excitante puisque, avec une stabilité financière, on peut créer une culture d’innovation et d’adaptabilité. Une compagnie en mode de crise peut moins se permettre des risques stratégiques.

    Parlons d’innovation. Comment se manifeste-t-elle au Ballet national?

    La technologie est tissée dans tout ce que nous faisons, des archives à la paie. Au cours des deux dernières années, nous avons vraiment agrandi notre infrastructure technologique, mais, en même temps, nous nous posons toujours la question : que pouvons-nous faire de plus? Deux exemples me viennent à l’idée. Nous diffusons en continu les prestations de notre programme d’apprenti, YOU dance, en direct aux classes des écoles primaires partout au Canada. Le Ballet national est aussi une de cinq compagnies de ballet qui participent à la Journée mondiale annuelle du ballet, une diffusion en direct de l’arrière-scène qui dure 23 heures. L’année passée, nous présentions à la Place des Arts à Montréal, donc un énorme auditoire mondial a pu voir ce que fait une compagnie de ballet en tournée, et ce en temps réel.

    Quel rôle tiennent les médias sociaux dans la révolution technologique du Ballet national?

    Les médias sociaux jouent assurément un rôle en commercialisation. Nous devons porter une attention sérieuse sur la façon dont les auditoires potentiels et actuels reçoivent les informations, par exemple en nous suivant sur Facebook, Twitter et Instagram. Aujourd’hui, les gens veulent vraiment voir à l’intérieur de l’œuvre. De plus, ils veulent connaître les danseurs comme des personnes et les inclure comme membres de la communauté. Nous devons élaborer des stratégies pour que les jeunes aient accès aux ballets et aux danseurs. 

    Je comprends que le Ballet national a certaines nouvelles idées en matière de la relation de la compagnie avec des mécènes de longue date.

    Avec l’importance du développement de l’auditoire, nous avons le concept de loyauté des mécènes. Le Ballet national a la chance d’avoir le soutien philanthropique inspirant et passionné de plusieurs merveilleux donateurs très engagés et d’une communauté de bénévoles. Nous voulons récompenser les fidèles en les rapprochant de la compagnie. Nous travaillons avec Target Resource Group, une firme d’experts-conseils, qui a le mandat d’aider les organisations artistiques et de divertissement à atteindre des objectifs précis. TRG présentera un rapport qui énumère les stratégies pour la loyauté des mécènes. Par ailleurs, nous travaillons aussi avec TRG pour les prix, la théorie étant d’offrir des prix plus abordables sur les cinq cercles. De cette façon, le théâtre devient une communauté.

    Je suis heureux de constater que le Ballet national rehausse encore son profil par des tournées internationales.

    Il s’agit du résultat de la commande agressive de nouvelles œuvres complètes par Karen. Les présentateurs sont toujours à la recherche de choses fraîches et différentes, et nous pouvons offrir Les Aventures d’Alice au pays des merveilles et Le Conte d’hiver de Christopher Wheeldon, ainsi que Roméo et Juliette d’Alexeï Ratmansky à l’Amérique du Nord. Le prestigieux Festival du Lincoln Center de New York nous a invités en juillet. Nous sommes aussi allés au Kennedy Center à Washington, D.C., au Music Center à Los Angeles et au Théâtre Sadler’s Wells à Londres. Nous sommes actuellement en négociation pour plusieurs tournées de l’Amérique du Nord et de l’Europe au cours des prochaines années. 

    Votre vision pour la croissance et le développement de l’administration des arts dépasse de beaucoup les limites de la compagnie.

    Absolument. Je suis vice-président de Dance/USA, la plus importante organisation de service nord-américaine pour les compagnies de danse professionnelle. Mes pairs et moi nous réunissons tous les ans pour discuter des défis, ainsi que trouver des solutions. Sur la scène internationale, sous ma direction, l’année passée, le Ballet national a créé un partenariat avec le Royal Ballet et Dance/USA pour réunir 22 dirigeants de la danse de neuf pays à Londres afin de discuter des institutions de ballet. À l’ordre du jour se trouvaient des sujets comme les modèles d’entreprise, la philanthropie et le développement de l’auditoire. On a décidé que ce forum international aurait lieu aux deux ans.

    Quelle est votre évaluation du Ballet national après deux ans en poste, et comment voyez-vous l’avenir?

    Nous bâtissons sur 65 années d’histoire par une culture d’adaptabilité et d’innovation. Nous n’avons pas peur des risques stratégiques. En matière de stabilité, nous avons des budgets équilibrés depuis sept ans, qui est une situation très exceptionnelle pour les importantes compagnies de ballet. Pour l’avenir, les objectifs sont clairs : agrandir nos fonds de dotation, travailler sur la voie de donateurs pour attirer des mécènes dans la quarantaine et la cinquantaine, et garder à l’esprit les pressions sur le guichet, parce que nous ne pouvons pas offrir des prix qui ne peuvent pas nous soutenir. Nous devons aussi attirer un auditoire qui ressemble, en matière de diversité, à la ville de Toronto. 

    Paula Citron est journaliste-pigiste des arts. 
    paulacitron.ca.

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