Barry Hughson

Directeur général

Barry Hughson. Photo par Aleksandar Antonijevic.

Barry Hughson. Photo par Karolina Kuras.

  • Biographie

    Barry Hughson prend son premier cours de ballet en 1976, à l’âge de huit ans. Cela marque le début du voyage artistique que deviendra sa vie. En 1979, il fonde une compagnie théâtrale pour enfants dans sa ville natale. Celle-ci sera officiellement constituée, et recevra le statut d’organisme sans but lucratif en 1981, alors que M. Hughson est âgé de 13 ans.

    En 1988, Barry reçoit son diplôme du Nutmeg Conservatory for the Arts et rejoint immédiatement le Washington Ballet, à Washington DC. À titre de danseur professionnel, il éxécute un répertoire classique et contemporain au Kennedy Center, ainsi qu'en tournée des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie. Une blessure met fin à sa carrière sur scène en 1992; il retourne au Connecticut pour créer une école communautaire pour les arts au Warner Theatre et, en 1997, il est nommé directeur général du théâtre historique. Sous la direction de M. Hughson, le Warner Theatre a réussi la plus importante campagne pluriannuelle de l’histoire de la communauté afin de restaurer le théâtre Art déco.

    Depuis 2003, Barry dévoue sa carrière à l’avancement de l’art de la danse. Ses contributions importantes au domaine comprennent la direction de la campagne Atlanta Ballet Campaign for the Future qui a mené à l’élimination de la dette de la compagnie ainsi que l’acquisition, la collecte de fonds et l’élaboration de la conception de sa nouvelle résidence. Pendant ses années au Boston Ballet, la compagnie a atteint plusieurs jalons clés. Elle a développé et mis en œuvre le Case for Giving (raison de donner) de l’organisation et le Clean Slate Fund (fond du départ à neuf) de 10 millions de dollars, a réussi une rénovation importante de son siège social, et est retournée sur la scène mondiale grâce à des tournées au Canada, en Espagne, en Finlande et au Royaume-Uni. Il se joint au Ballet national du Canada en 2014.

    Barry a beaucoup travaillé en tant que promoteur des arts, conseiller et éducateur. Il a enseigné et présenté des conférences aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Amérique du Sud. Il est vice-président de Dance/USA, la plus importante organisation nord-américaine de danse professionnelle. En 2015, en partenariat avec Dance/USA, Barry a mené la première rencontre de dirigeants nord-américains et européens de l’industrie de la danse au Royal Opera House de Londres. Au Canada, il est vice-président du Conseil national de l’Assemblée canadienne de la danse et il siège sur le comité directeur du Sommet canadien des arts.

  • Q et R

    Barry Hughson se joint au Ballet national du Canada en 2014 à titre de directeur général, sans doute un des postes d’administration des arts les plus prestigieux du pays. Un ancien danseur, M Hughson arrive au Ballet national après une brillante carrière comme directeur général auprès du Boston Ballet et de l’Atlanta Ballet. 

    Pourquoi le Ballet national?

    En réalité, je ne pensais pas quitter Boston, mais lorsqu’un recruteur m’en a parlé, j’ai pensé : pourquoi ne pas aller voir? Lorsque je suis arrivé, j’ai ressenti une connexion immédiate avec Karen Kain, la directrice artistique. J’étais aussi impressionné par la passion des membres du conseil et par la ville de Toronto. L’aspect le plus important, par contre, était le désir de travailler avec Karen. 

    Quelles étaient vos premières impressions du Ballet national?

    Je voyais une institution saine et stable. Vous devez comprendre que les compagnies de Boston et d’Atlanta éprouvaient de graves problèmes financiers lorsque j’en ai pris la direction. Ma tâche était de redresser le navire. Au Ballet national, je croyais pouvoir investir dans la forme artistique; que je pouvais avancer. C’était une perspective excitante puisque, avec une stabilité financière, on peut créer une culture d’innovation et d’adaptabilité. Une compagnie en mode de crise peut moins se permettre des risques stratégiques.

    Parlons d’innovation. Comment se manifeste-t-elle au Ballet national?

    La technologie est tissée dans tout ce que nous faisons, des archives à la paie. Au cours des deux dernières années, nous avons vraiment agrandi notre infrastructure technologique, mais, en même temps, nous nous posons toujours la question : que pouvons-nous faire de plus? Deux exemples me viennent à l’idée. Nous diffusons en continu les prestations de notre programme d’apprenti, YOU dance, en direct aux classes des écoles primaires partout au Canada. Le Ballet national est aussi une de cinq compagnies de ballet qui participent à la Journée mondiale annuelle du ballet, une diffusion en direct de l’arrière-scène qui dure 23 heures. L’année passée, nous présentions à la Place des Arts à Montréal, donc un énorme auditoire mondial a pu voir ce que fait une compagnie de ballet en tournée, et ce en temps réel.

    Quel rôle tiennent les médias sociaux dans la révolution technologique du Ballet national?

    Les médias sociaux jouent assurément un rôle en commercialisation. Nous devons porter une attention sérieuse sur la façon dont les auditoires potentiels et actuels reçoivent les informations, par exemple en nous suivant sur Facebook, Twitter et Instagram. Aujourd’hui, les gens veulent vraiment voir à l’intérieur de l’œuvre. De plus, ils veulent connaître les danseurs comme des personnes et les inclure comme membres de la communauté. Nous devons élaborer des stratégies pour que les jeunes aient accès aux ballets et aux danseurs. 

    Je comprends que le Ballet national a certaines nouvelles idées en matière de la relation de la compagnie avec des mécènes de longue date.

    Avec l’importance du développement de l’auditoire, nous avons le concept de loyauté des mécènes. Le Ballet national a la chance d’avoir le soutien philanthropique inspirant et passionné de plusieurs merveilleux donateurs très engagés et d’une communauté de bénévoles. Nous voulons récompenser les fidèles en les rapprochant de la compagnie. Nous travaillons avec Target Resource Group, une firme d’experts-conseils, qui a le mandat d’aider les organisations artistiques et de divertissement à atteindre des objectifs précis. TRG présentera un rapport qui énumère les stratégies pour la loyauté des mécènes. Par ailleurs, nous travaillons aussi avec TRG pour les prix, la théorie étant d’offrir des prix plus abordables sur les cinq cercles. De cette façon, le théâtre devient une communauté.

    Je suis heureux de constater que le Ballet national rehausse encore son profil par des tournées internationales.

    Il s’agit du résultat de la commande agressive de nouvelles œuvres complètes par Karen. Les présentateurs sont toujours à la recherche de choses fraîches et différentes, et nous pouvons offrir Les Aventures d’Alice au pays des merveilles et Le Conte d’hiver de Christopher Wheeldon, ainsi que Roméo et Juliette d’Alexeï Ratmansky à l’Amérique du Nord. Le prestigieux Festival du Lincoln Center de New York nous a invités en juillet. Nous sommes aussi allés au Kennedy Center à Washington, D.C., au Music Center à Los Angeles et au Théâtre Sadler’s Wells à Londres. Nous sommes actuellement en négociation pour plusieurs tournées de l’Amérique du Nord et de l’Europe au cours des prochaines années. 

    Votre vision pour la croissance et le développement de l’administration des arts dépasse de beaucoup les limites de la compagnie.

    Absolument. Je suis vice-président de Dance/USA, la plus importante organisation de service nord-américaine pour les compagnies de danse professionnelle. Mes pairs et moi nous réunissons tous les ans pour discuter des défis, ainsi que trouver des solutions. Sur la scène internationale, sous ma direction, l’année passée, le Ballet national a créé un partenariat avec le Royal Ballet et Dance/USA pour réunir 22 dirigeants de la danse de neuf pays à Londres afin de discuter des institutions de ballet. À l’ordre du jour se trouvaient des sujets comme les modèles d’entreprise, la philanthropie et le développement de l’auditoire. On a décidé que ce forum international aurait lieu aux deux ans.

    Quelle est votre évaluation du Ballet national après deux ans en poste, et comment voyez-vous l’avenir?

    Nous bâtissons sur 65 années d’histoire par une culture d’adaptabilité et d’innovation. Nous n’avons pas peur des risques stratégiques. En matière de stabilité, nous avons des budgets équilibrés depuis sept ans, qui est une situation très exceptionnelle pour les importantes compagnies de ballet. Pour l’avenir, les objectifs sont clairs : agrandir nos fonds de dotation, travailler sur la voie de donateurs pour attirer des mécènes dans la quarantaine et la cinquantaine, et garder à l’esprit les pressions sur le guichet, parce que nous ne pouvons pas offrir des prix qui ne peuvent pas nous soutenir. Nous devons aussi attirer un auditoire qui ressemble, en matière de diversité, à la ville de Toronto. 

    Paula Citron est journaliste-pigiste des arts. 
    paulacitron.ca.

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